JOURNALISTES PIGISTES

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Mois : octobre, 2014

Web 2.0

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L’expression « Web 2.0 » désigne l’ensemble des techniques, des fonctionnalités et des usages du World Wide Web qui ont suivi la forme originelle du web1. Elle concerne en particulier les interfaces permettant aux internautes ayant peu de connaissances techniques de s’approprier de nouvelles fonctionnalités du web. Les internautes peuvent d’une part contribuer à l’échange d’informations et interagir (partager, échanger, etc.) de façon simple, à la fois au niveau du contenu et de la structure des pages, et d’autre part entre eux, créant notamment le Web social2. L’internaute devient, grâce aux outils mis à sa disposition, une personne active sur la toile.

 

Le Web 2.0 est donc l’évolution du Web vers l’interactivité à travers une complexification interne de la technologie mais permettant plus de simplicité d’utilisation, les connaissances techniques et informatiques n’étant pas indispensables pour les utilisateurs.

L’expression « Web 2.0 » utilisée par Dale Dougherty (en) en 2003, diffusée par Tim O’Reilly en 2004 et consolidée en 2005 avec l’exposé de position « What Is Web 2.0 »3 s’est imposée à partir de 2007.

 

Présentation[modifier | modifier le code]

Le Web 2.0 facilite l’interaction entre utilisateurs, le crowdsourcing et la création de réseaux sociaux rudimentaires, pouvant servir de contenu et exploitant leseffets de réseau, avec ou sans réel rendu visuel et interactif de pages Web. En ce sens, les sites Web 2.0 agissent plus comme des points de présence, ouportails Web centrés sur l’utilisateur plutôt que sur les sites web traditionnels. L’évolution des supports permettant de consulter les sites Web, leurs différents formats, amènent en 2008 une approche recentrée sur le contenu plus que sur l’aspect.

Les nouveaux gabarits Web 2.0 (en anglais : template) tentent d’apporter un soin graphique, des effets, en restant compatibles avec cette diversité de supports. Dans le Web 2.0, l’internaute devient acteur en alimentant les sites en contenu, comme les blogs, ou de manière collaborative avec les wikis, voire des dispositifs très rigoureux de type science citoyenne.

Les sites internet 2.0 permettent aux utilisateurs de faire plus que d’en retirer de l’information. En augmentant ce qu’il était déjà possible de faire avec le Web 1.0, ils apportent aux utilisateurs de nouvelles interfaces et de nouveaux logiciels informatiques. Les utilisateurs peuvent maintenant apporter des informations aux sites Web 2.0 et avoir le contrôle sur certaines de celles-ci.

Origine du terme[modifier | modifier le code]

L’expression a été médiatisée en août 2004 par Dale Dougherty (en) de la société O’Reilly Media lors d’une conversation avec Craig Cline de MediaLive (en) en vue de préparer une conférence. Il a suggéré que le Web était dans une période de renaissance ou de mutation, avec un changement de paradigmes et une évolution des modèles d’entreprise. Dougherty a donné des exemples au lieu de définitions : « DoubleClick, c’était le Web 1.0. Google AdSense, c’est le Web 2.0.Ofoto (en), c’était le Web 1.0. Flickr, c’est le Web 2.0. », et recruté John Battelle (en). Puis, O’Reilly Media, Battelle et MediaLive ont lancé la première conférence Web 2.0 en octobre 2004. La seconde conférence annuelle a eu lieu en octobre 2005.

O’Reilly et Battelle résument4 comme-suit les principes-clés des applications Web 2.0 :

  • le Web comme plate-forme ;
  • les données comme « connaissances implicites » ;
  • les effets de réseau entraînés par une « architecture de participation », l’innovation comme l’assemblage de systèmes et de sites distribués et indépendants ;
  • des modèles d’entreprise poids plume grâce à la syndication de contenu et de services ;
  • la fin du cycle d’adoption des logiciels (« la version bêta perpétuelle »).

Technologies[modifier | modifier le code]

L’infrastructure du web 2.0 est par nature complexe et changeante, mais elle inclut toujours:

Ces approches complémentaires fournissent au web 2.0 des capacités de stockage, de création et de diffusion, ainsi que de sérendipité très supérieures à ce qui était précédemment attendu des sites web.

Un site pourrait être considéré comme relevant d’une approche web 2.0 s’il utilise de manière privilégiée les techniques suivantes :

Le web 2.0 est défini par son contenu, l’évolution vers le web 2.0 n’a donc rien à voir avec l’évolution des standards de communication comme le passage à IPv6.

Application Internet riche[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rich Internet Application.

Depuis le début du xxie siècle, des techniques d’application Internet riches telles qu’AJAX ont amélioré l’expérience utilisateur des applications utilisant unnavigateur web. Une application web utilisant AJAX peut échanger des informations entre le client et le serveur afin de mettre à jour le contenu d’une page websans rafraîchir la page entière, grâce au navigateur. Le « Web Géospatial »5 est l’une des formes émergentes de recomposition géographique des entrées de la connaissance, via les NTIC, la démocratisation du GPS et parfois le crowdsourcing appliqué à la cartographie citoyenne (citizen mapping6), qui a par exemple donné OpenStreetMap et à d’autres échelles le NASA World Wind puis Google Earth et Microsoft Live Local en 3D en ayant des impacts environnementaux, sociaux et économiques encore mal cernés7.

RSS[modifier | modifier le code]

Article détaillé : RSS.

La première et importante évolution vers le web 2.0 a été la syndication de contenu, utilisant des protocoles standardisés permettant aux utilisateurs de faire usage des données d’un site dans un autre contexte, allant d’un autre site web au plugin d’un navigateur, ou même d’une application de bureau séparée. Ces protocoles comprennent RSS, RDF (comme dans RSS 1.1) et Atom. Tous sont basés sur le langage XML. Des protocoles spécialisés tels que FOAF et XFN (tous deux pour les réseaux sociaux) étendent les fonctionnalités des sites et permettent aux utilisateurs d’interagir de façon décentralisée. Voir les microformats pour des formats de données plus spécialisés.

Cette tendance bottom-up fait que beaucoup de ces protocoles deviennent des standards de facto plutôt que des normes.

Étiquetage[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mot clef.

Des tags ou étiquettes ou mots clefs améliorent la recherche sémantique, de plus en plus heuristique et donc présentés sous la forme d’un nuage de mots clefsen anglais : Tag cloud.

Ces étiquettes sont de petites expressions de texte qui décrivent un concept, sont attachées à un concept et utilisées pour chercher dans un contenu (exemples typiques : un forum, un blog, un annuaire de blogs) et, ce qui est plus important, interconnecter les choses entre elles. Un peu comme dans un réseau neuronal : plus une étiquette est utilisée, plus le concept attaché à l’étiquette est présent et plus il prend de poids. Plus les étiquettes sont présentes ensemble et plus les concepts attachés sont reliés entre eux.

Les « marqueurs » peuvent inclure des Méta-éléments (éléments de métadonnées).

Étiquetage social, folksonomie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Folksonomie.

L’étiquetage permet un tri préalable et hiérarchisé des items recherchés. L’ordre d’apparition des articles provient soit du nombre de références, soit d’une « note de satisfaction » donnée par les lecteurs. Dans ce dernier cas, le système de pondération est défini par un facteur humain (le côté social) qui met en exergue des données ou articles intéressants dans la masse des informations. C’est typiquement le cas des répertoires de blogs en anglais : Social Bookmarking.

Protocoles web[modifier | modifier le code]

Les protocoles de communication web sont un élément clé de l’infrastructure web 2.0. Deux approches principales sont ;

  • REST (REpresentational State Transfer) indique une façon d’échanger et de manipuler des données en utilisant simplement les verbes HTTP GET, POST,PUT et DELETE.
  • SOAP, qui implique de poster à un serveur des requêtes XML comprenant une suite d’instructions à exécuter.

Dans les deux cas, les accès aux services sont définis par une interface de programmation (API). Souvent, l’interface est spécifique au serveur. Cependant, des interfaces de programmation web standardisées (par exemple, pour poster sur un blog) émergent. La plupart, mais pas toutes, des communications avec des services web impliquent une transaction sous forme XML (eXtensible Markup Language).

Voir aussi WSDL (Web Services Description Language), un standard de publication des interfaces de services web.

Enjeux économiques[modifier | modifier le code]

Après les gains apportés par la nouvelle économie, le Web 2.0 a permis l’enrichissement très rapide de quelques entreprises, comme cela avait été le cas lors de la première diffusion du Web. Ainsi le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, est devenu milliardaire à 23 ans.

Toutefois certains[Qui ?] s’étaient inquiétés du risque d’apparition d’une « bulle 2.0 » similaire à la première bulle internet. Le blog Techcrunch, premier blog de la liste A8 fit même un article annonçant la mort du Web 2.0, la pierre tombale indiquant « 2004-2008 »9 (ce qui est également une référence valable dans le difficile exercice de datation de la naissance du Web 2.0). Mais contrairement à ce qui a eu lieu pour la première bulle internet, cette fois les activités internet ne sont pas derrière la crise de 2008.

Critique du terme[modifier | modifier le code]

Contenu technologique[modifier | modifier le code]

Contrairement à des termes comme HTML 4.01, désignant une technologie précise, ou Internet2 (avec lequel il ne doit pas être confondu et désignant un consortium), le Web 2.0 n’a pas de définition précise faisant consensus.
Les évolutions qu’il désigne ne résultent pas d’une concertation du World Wide Web Consortium. En conséquence, l’interactivité s’est faite en superposant de nombreuses couches, alors qu’ont été délaissés des langages évolués qui auraient permis un web plus riche. Certains informaticiens regrettent cette anarchie qui aboutit à de mauvaises performances.

Benjamin Bayart a dénoncé le fait que le contenu du Web 2.0 est bien plus centralisé par des institutions que ce que permet Internet10. À la limite, il ne s’agit plus d’un réseau en toile d’araignée (web), mais en étoile. Par dérision, il propose d’appeler « Minitel 2.0 » ce que les médias appellent web 2.011.

Un terme surtout marketing[modifier | modifier le code]

Les journalistes spécialisés ont été pris de court par l’emploi du terme « web 2.0 » avant de l’employer eux-mêmes12. Ils notent que de nombreux acteurs faisaient du web 2.0 comme Monsieur Jourdain faisait de la prose13, avant que le marketing n’impose ce terme. Cela fait du terme un buzzword utilisé souvent abusivement.

En résumé, aux yeux de ces informaticiens, l’expression « web 2.0 » serait au mieux un terme générique pour un ensemble d’évolutions concernant davantage les usages que les techniques (donc relevant plus de la sociologie que de l’informatique).

Utilisation d’une fausse numérotation informatique[modifier | modifier le code]

Le « .0 » évoque les numéros de versions des logiciels ; mais les nouvelles versions de logiciel sont annoncées clairement, ce qui permet de les distinguer des précédentes, alors que l’existence du web 2.0 est un constat a posteriori. Alors que des termes comme « Web participatif » désignent clairement un usage, l’utilisation d’un numéro peut évoquer une norme (ce qui n’est pas du tout le cas, par opposition par exemple à internet2 ou IPv6 — surtout, le web 2.0 n’est pas issu d’une recommandation du World Wide Web Consortium).
Le « .0 » peut donner une impression de précision de la version, alors qu’au contraire ce que désigne le web 2.0 reste assez flou, différents experts n’étant pas toujours d’accord sur le classement d’un service.

Préexistence des technologies[modifier | modifier le code]

Une autre critique est que des nouveautés attribuées au « web 2.0 » reposent sur des technologies et des concepts du « web 1.0 ». Ainsi, les exemples de services web 2.0 (cf. ci-dessus) sont entièrement contenus dans le web original.

Le terme de web 2.0 a conduit à l’emploi des rétronymes web 1.0 et web 1.5 pour désigner les méthodes précédentes du web. Selon les définitions retenues, unforum Internet est classé dans la génération 1.5 ou 2.0. Or non seulement les forums ont existé dès les débuts du web, mais usenet existait avant le web.

Beaucoup des idées du web 2.0 ont été employées sur des sites web bien avant que le terme soit employé. Amazon.com, par exemple, a permis à ses utilisateurs d’écrire des critiques et des guides de consommation depuis son origine, et ouvert son API aux développeurs tiers en 2002. Réciproquement, lorsqu’un site se proclame « web 2.0 » parce qu’il utilise des fonctionnalités triviales telles que les blogs ou les dégradés, il s’agit souvent plus d’une tentative depromotion qu’une véritable exploitation des idées du web 2.0.

Antériorité[modifier | modifier le code]

Il existe quelques exemples plus forts encore que celui d’Amazon dont le contenu généré par les utilisateurs n’est que périphérique au contenu du site :

Élargissement de la terminologie[modifier | modifier le code]

Numéros de versions[modifier | modifier le code]

Après l’apparition de l’expression « Web 2.0 », toute une nomenclature est apparue pour décrire le présent, le passé et le futur du Web. Les usages présentés ici ne sont pas forcément les seuls. De plus, pour certains numéros, les utilisations sont très rares (par exemple Web 2.1).

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Les réseaux sociaux

Lighthouse

Le meileur endroit pour blogger et aller sur les réseaux sociaux

Un réseau social est un ensemble d’entités, telles que des individus ou des organisations, reliées entre elles par des liens créés lors d’interactions sociales. Il se représente par une structure ou une forme dynamique d’un groupement social. L’analyse des réseaux sociaux, basée sur la théorie des réseaux, l’usage des graphes et l’analyse sociologique, est le domaine qui étudie les réseaux sociaux. Des réseaux sociaux peuvent être créés stratégiquement pour agrandir ou rendre plus efficient son propre réseau social (professionnel, amical).

Le terme provient de John Arundel Barnes en 1954https://fr.news.yahoo.com/video/laddiction-aux-réseaux-sociaux-124333539.html

L’expression « médias sociaux » recouvre les différentes activités qui intègrent la technologie, l’interaction sociale (entre individus ou groupes d’individus), et la création de contenu. Andreas Kaplan et Michael Haenlein définissent les médias sociaux comme « un groupe d’applications en ligne qui se fondent sur la philosophie et la technologie du net et permettent la création et l’échange du contenu généré par les utilisateurs ».

Parole d’utilisateur

Les médias sociaux utilisent l’intelligence collective dans un esprit de collaboration en ligne. Par le biais de ces moyens de communication sociale, des individus ou des groupes d’individus qui collaborent créent ensemble du contenu web, organisent ce contenu, l’indexent, le modifient ou le commentent, le combinent avec des créations personnelles. Les médias sociaux utilisent de nombreuses techniques, telles que les flux RSS et autres flux de syndication web, les blogues, les wikis, le partage de photos (Flickr), le vidéo-partage (YouTube), l’organisation et le partage de sorties amicales, les podcasts, les réseaux sociaux, le bookmarking collaboratif, les mashups, les mondes virtuels, les microblogues, et plus encore.

Pour en savoir plus

Quoi de neuf dans le régime de prévoyance

Le régime de prévoyance pour les journalistes pigistes existe depuis l’accord de branche de 1975, qui constitue l’annexe III à la convention collective nationale de travail des journalistes. Il a été successivement géré par l’Anep Bellini, l’Anep générale, puis Audiens depuis 2003 sans, semble-t-il, qu’un contrôle sérieux et régulier ait pu s’exercer sur sa gestion.

Après des demandes réitérées, les partenaires sociaux – tout au moins les organisations syndicales de journalistes – ont enfin pu avoir accès à un bilan partiel (sur les exercices 2009 à 2013) de ce dispositif. Le contenu en est affligeant ! Les prestations versées ne représentent en moyenne que le sixième des cotisations (patronales et salariales) prélevées, ce qui montre clairement que la plupart des journalistes pigistes ne bénéficient pas de leurs droits. Un vaste sujet qui se retrouve sur la table de la négociation de branche ouverte en mars 2014, pour traiter de la mise en place d’une complémentaire santé pour tous les journalistes pigistes. Et qui, de facto, se voit étendue à une remise à plat du fonctionnement du régime de prévoyance.

D’ores et déjà, trois questions se posent à nous :
- Pourquoi et à quel moment les cotisations obligatoires à ce fonds de prévoyance sont-elles passées des taux prévus par l’accord de 1975 (« 0,55% à la charge des entreprises ; 0,28% à la charge des intéressés ») à ceux pratiqués aujourd’hui (respectivement 0,413% et 0,21%) ? Y a-t-il eu concertation des partenaires sociaux ?
- Qu’est-il advenu des sommes perçues et non consommées ? Ainsi, sur les cinq derniers exercices, près de 5,9 millions d’euros au total sont arrivés dans les caisses d’Audiens. Sur cette somme, un peu moins de 450.000 euros ont été versés en prestations, tandis que 500.000 euros étaient inscrits au titre de « provisions ». Que sont devenus les 4,9 millions restants ?
S’il se confirmait que ces sommes, au lieu de bénéficier aux journalistes pigistes de quelque manière que ce soit, rejoignent le pot commun et contribuent à l’équilibre des contrats collectifs souscrits par les entreprises auprès d’Audiens, nous serions alors confrontés à un vrai problème d’ordre éthique. Comment peut-on effet admettre qu’une population déjà fragile, maintenue (comme on le verra ci-dessous) dans un état de sous-information quant à ses droits, confrontée à des obstacles dès qu’il s’agit d’en bénéficier, paie sans retour pour les contrats des salariés sur postes permanents, bénéficiant pour leur part de contrats de prévoyance et de complémentaire santé souvent très généreux grâce à la mutualisation induite et à la participation des entreprises, à hauteur de 1 à 2 % du salaire pour la prévoyance, 3 à 4% pour la complémentaire santé ? Il y a là de quoi éloigner durablement les journalistes pigistes du paritarisme et des dispositifs de mutualisation et de solidarité.
- Quelles sont les raisons de la sous-utilisation des prestations de la prévoyance par les journalistes pigistes ? Répondre à cette question et, surtout, y remédier sont une priorité absolue à la lumière de ce qui est écrit plus haut. Pour compléter l’analyse purement statistique présentée par Audiens, le SNJ a interrogé plusieurs dizaines de journalistes pigistes, afin d’avoir une approche d’ordre « qualitatif » et de chercher à comprendre ces raisons. Le document présent fait la synthèse et tire des leçons des réponses obtenues par le syndicat, ainsi que des témoignages recueillis « sur le vif » via une liste de discussion non syndicale sur Internet et par des délégués du SNJ dans leurs entreprises. Un constat éloquent, qui plaide pour une refonte du système, ou en tout cas son réaménagement sévère et sérieux.

(1) Un constat en quatre points

Un manque criant d’information. C’est ce qui saute d’abord aux yeux à la lecture des réponses et témoignages. Il y a chez les journalistes pigistes une ignorance quasi totale du dispositif de prévoyance auquel ils cotisent, ainsi qu’une confusion fréquente avec la complémentaire santé. La responsabilité est partagée : pris par leur souci de maintenir leur niveau de commandes et la nécessité de livrer leur travail dans les temps, les journalistes pigistes ne prennent pas toujours le temps de s’informer sur leurs droits. Or, à part quelques rares exceptions, il est clair que leurs employeurs ne font rien pour leur venir en aide, surtout s’ils ne sont pas pigistes « réguliers ». Audiens est également montrée du doigt pour l’absence d’information en direction des journalistes pigistes et le manque de clarté de son site sur les droits liés à la prévoyance contractuelle obligatoire, les journalistes pigistes semblant être aux yeux de l’institution une préoccupation mineure comparée au « poids lourd » des intermittents du spectacle.

Une situation qui n’incite pas à s’arrêter. Peu de journalistes pigistes semblent tomber malades. Quand cela arrive, peu demandent un arrêt de travail. Peu font valoir leurs droits auprès de la Sécurité sociale, encore moins auprès de leurs employeurs et d’Audiens prévoyance. Il arrive même, mais plus rarement, que des journalistes pigistes ne prennent pas ou ne déclarent pas leur congé maternité. Plusieurs causes à cela :
- Nombre d’entre eux ne souhaitent pas se faire remarquer et préfèrent ne pas insister auprès de leurs employeurs pour faire valoir leurs droits. Ils essaient une fois, deux fois éventuellement mais pas plus, de peur de passer pour des empêcheurs de tourner en rond et de perdre les piges qu’ils ont, surtout quand elles sont régulières. Même un journaliste pigiste aguerri et attendu avec des rubriques régulières peut être fragilisé par un arrêt, surtout s’il se prolonge. Il doit préparer son arrêt, travailler deux fois plus avant son congé maternité ou une hospitalisation programmée, et reprendre très vite ensuite pour rattraper et ne pas voir sa place prise par un autre.
- Certains ne connaissent pas leurs interlocuteurs au service paie ou RH. D’autres sont dissuadés de toute démarche par leurs responsables hiérarchiques. Et ceux qui veulent faire valoir leurs droits se heurtent le plus souvent à une fin de non recevoir.
- Les démarches sont trop compliquées, à commencer par la sécurité sociale qui demande des informations difficiles à obtenir des employeurs car elles s’accommodent mal de la rémunération à la pige. En plus de la crainte de se faire mal voir mentionnée plus haut, les journalistes pigistes qui sont fatigués, malades, voire même alités, préfèrent conserver leur énergie pour retravailler au plus vite et conserver leurs piges, plutôt que se mobiliser dans l’adversité pour réunir les documents nécessaires et faire valoir leurs droits.
- Aux yeux de beaucoup, notamment ceux qui sont aux premiers niveaux de rémunération, le jeu n’en vaut pas vraiment la chandelle (voir chapitre suivant). Ce que confirme la tendance révélée par Audiens lors de la réunion bilan de juillet 2014, à savoir que le nombre de demandes d’indemnisation croit avec le niveau de rémunération des demandeurs.

Des prestations bien trop modestes. La garantie incapacité n’intervient qu’après 45 jours d’arrêt de travail (même une jambe cassée – six semaines d’immobilisation – n’ouvre droit à rien), ce qui pose de sérieux problème de revenus quand le journaliste pigiste n’a pas l’ancienneté chez ses différents employeurs ou n’arrive pas à faire respecter le maintien du salaire conventionnel. Dans tous les cas, le montant versé en cas d’incapacité longue (plus de 45 jours) est dérisoire. Dans les 10 euros par jour pour les journalistes pigistes ayant gagné moins de 17.200 euros sur les 12 mois précédent (soit 30% des journalistes pigistes selon les statistiques de l’Observatoire des métiers de la presse) ou dans les 15 euros par jour pour la majorité des journalistes pigistes, ceux ayant gagné entre 17.200 et 35.548 euros dans l’année. Pour approcher les 35 euros par jour, il faut avoir gagné plus de 71.196 euros sur 12 mois soit près de 6.000 euros par mois, un revenu rarissime chez les journalistes pigistes.
L’allocation maternité est également dérisoire. Elle démarre à 4 euros par jour, s’établit à 5 euros par jour pour la majorité des journalistes pigistes et ne s’élève au mieux qu’à 11 euros pour les journalistes pigistes ayant gagné plus de 71.196 euros en 12 mois Ajoutons qu’en cas de maternité, un nombre non négligeable de journalistes pigistes, en dépit d’une activité importante, ne parviennent pas à atteindre le seuil fixé par l’assurance maladie pour percevoir des IJ. Du coup, elles perdent également le bénéfice de l’indemnité Audiens, puisque celle-ci est un complément aux IJ.
Quant à la garantie décès, le capital est limité en montant à la moitié des piges versée l’année précédente. Et doublé en cas de décès accidentel. Pour les salariés mensualisés, elle est généralement égale à plusieurs années de salaire et augmentée s’il y a des enfants. L’écart devient abyssal en cas de décès accidentel survenant lors d’une mission dangereuse. En effet, les employeurs dans leur quasi totalité omettent de souscrire pour leurs journalistes pigistes l’assurance pour risques exceptionnels prévue à l’article 39 de la convention collective des journalistes. Celle-ci garantit au journaliste décédé en mission dangereuse un capital égal à dix fois son salaire annuel. Pour le journaliste pigiste non couvert par cette assurance, il n’est prévu qu’un capital équivalent au montant de ses piges sur l’exercice précédent.

Un parcours du combattant. Au niveau de la Sécurité sociale, les principales difficultés rencontrées sont liées à des exigences administratives incompatibles avec la réalité de la rémunération à la pige (référence à un temps de travail, obligation de stipuler le premier et le dernier jour de travail ce que certains employeurs refusent, calcul des indemnités journalières pénalisant pour les journalistes pigistes ayant des revenus irréguliers, etc.). Une situation rendue encore plus difficile par la mauvaise volonté de bien des employeurs à fournir les attestations demandées par la Caisse primaire d’assurance maladie.
Trop rares sont les entreprises qui pratiquent la subrogation, permettant au journaliste pigiste de continuer à percevoir la moyenne de ses salaires tandis que l’employeur reçoit à sa place les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale. Cette pratique est pourtant répandue concernant les salariés mensualisés.
Les seuils d’indemnisation sont également un obstacle. Pour que la Sécurité sociale verse une indemnité journalière, il faut avoir cotisé au minimum sur un salaire de 9.672 euros sur six mois ou 19.645 euros sur 12 mois. Pour nombre de journalistes pigistes, ces seuils sont parfois difficiles à atteindre, d’autant plus que certains employeurs appliquent d’office et sans leur accord des cotisations maladie et retraite abattues (70 et non 100% du salaire). Ce qui amène des journalistes pigistes à se retrouver sans aucune rémunération ou indemnisation.
Au niveau des employeurs, force est de constater la mauvaise volonté de nombre d’entre eux à appliquer les articles 36 et 42 de la convention collective de travail des journalistes sur le maintien de salaire en cas de maladie, accident du travail et maternité. Alors même que la Cour d’appel de Paris a rappelé, dans son arrêt du 24 mars 2011, que l’amélioration de la prévoyance prévue par le protocole d’étape pigistes ne se substitue pas aux obligations conventionnelles. Soit les indemnités prévues ne sont purement et simplement pas versées, soit les DRH se montrent « tatillonnes » sur les justificatifs à fournir concernant le versement des IJ Sécurité sociale.

juillet 2014, source :  SNJ